Le pouvoir de la vulnérabilité

On m’a demandé récemment si l’on guérissait jamais vraiment de ses blessures. J’ai longtemps réfléchi à cette question, lorsque j’étais en formation et que je menais moi-même mon propre parcours de guérison. J’ai cherché à comprendre mes blessures, à les traverser, à les soigner et à accompagner les autres à en faire de même.
Aujourd’hui, je crois que nous ne guérissons peut-être jamais vraiment de nos plus grandes blessures. Nous pouvons cependant les soigner suffisamment pour qu’elles n’aient plus, ou beaucoup moins, d’impact sur nos choix présents, sur notre manière d’aimer, de nous protéger, de construire notre vie et de vivre le présent.
Pour moi, c’est déjà une forme profonde de guérison.
Je crois aussi que nous nous approchons le plus profondément de la guérison lorsque nous acceptons complètement d’embrasser la vulnérabilité liée à nos plus grandes blessures. Non pas lorsqu’elles disparaissent. Mais lorsque nous arrivons à nous aimer suffisamment dans cet espace profond de vulnérabilité et à nous montrer nus, sans masque ni costume, dans cet espace.
Et quelque chose d’autre se produit alors : en acceptant nos propres vulnérabilités, nous devenons davantage capables d’accueillir celles des autres. Parce que ce que nous n’acceptons pas encore chez nous peut parfois être très difficile à accepter chez l’autre.
Alors peut-être que guérir ne signifie pas devenir invulnérable.
Peut-être que guérir signifie pouvoir regarder ses blessures, accepter la vulnérabilité qu’elles ont laissée en nous et ne plus les laisser décider à notre place.
Et peut-être qu’au bout de ce chemin, quelque chose s’ouvre aussi dans notre relation aux autres.
Lorsque je n’ai plus besoin de me défendre contre ma propre vulnérabilité, j’ai moins besoin de me défendre contre celle de l’autre.
Je crois que c’est ça, le super-pouvoir de la vulnérabilité. Elle a le pouvoir de nous guérir au moment même où nous nous autorisons à être moins forts, moins parfaits.
Elle nous rend plus solides. Pas plus forts… Plus solides et plus aimants envers nous-mêmes et envers les autres.




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